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Les actualités Citroën 

Centenaire Citroën : Le 25 Janvier 1919, l'usine du Quai de Javel était inaugurée

Voici l'article originel paru dans le journal Le Figaro le 25 Janvier 1919 :



Celle qu'on attendait

La guerre a, il y a quatre ans passés, privé en quelques jours, particuliers industriels, commerçants, agriculteurs, de tous leurs moyens de transport: à traction mécanique, hippique; brusquement, tous les véhicules aptes aux besoins de la défense nationale furent réquisitionnés, et l'emploi intensif qu'on en fit rend quasiment inutilisables ceux que l'État pourra rendre à la circulation civile. De la question des transports dépend la prospérité nationale, et le retour à une vie moins dispendieuse.

Gros problème dont la solution heureuse dépend de l'activité que mettraient nos grandes usines, dont la guerre avait soudain accaparé les magnifiques efforts, à se réadapter aux industries des transports. Les espoirs que nous fondions sur leur juste souci des intérêts de la France industrielle et commerciale ne seront pas déçus. Et c'est ainsi que les usines Citroën qui, en 1915, surgissaient de terre pour, en quelques mois, fournir 50.000 obus par jour à la défense nationale, viennent de se transformer, comme sous un nouveau coup de baguette magique, pour répondre au besoin le plus urgent du pays: les moyens de transport.


Il fallait faire vite et bien: vite, car les besoins sont impérieux; bien, pour la satisfaction de l'industriel, du commerçant, du particulier, pour le renom glorieux de la France, par respect pour une de ses plus illustres industries. C'est à réaliser ce double but que se sont employées les usines Citroën, en étudiant et en réalisant une production en grandes séries d'automobiles parfaitement adaptées aux exigences commerciales ou privées. Pour ce faire, elles ont choisi un type unique de châssis -l'avons-nous assez demandée, cette spécialisation?- qui comporte, cela va de soi, des carrosseries variées, conformes aux besoins actuels et immédiats de la majorité des clients.

Qu'attend, en effet, aujourd'hui, l'acheteur, d'une auto destinée à un service courant? De la solidité, une consommation d'essence et de pneus restreinte, une suspension telle qu'il n'ait pas à souffrir de l'état pitoyable actuel de nos routes. Ces conditions, les usines Citroën se sont appliquées à les réaliser et les réalisent dans leur modèle unique dont voici d'ailleurs les caractéristiques: Moteur: 10 chx, 4 cylindres 65/100. Consommation: sept litres et demi d'essence et 250 grammes d'huile aux 100 kilomètres. Châssis: poids, 450 kilos. Vitesse: 65 kilomètres à l'heure en palier; escalade de la plupart des côtes en prise directe et à grande allure.


Le châssis a été dessiné, et lentement et sûrement mis au point, par les spécialistes les plus expérimentés; les métaux employés ont été choisis après des essais poursuivis dans le laboratoire des usines, réputé -à juste titre- comme, le plus beau laboratoire industriel du monde.

Les matières premières destinées aux 30.000 premiers châssis sont en fabrication dans les plus fameux établissements métallurgiques de France; dès les premiers jours de février, elles entreront dans les ateliers du quai de Javel, et aussitôt mises à l'usinage par les parfaites et intelligentes machines-outils que deux mille spécialistes de l'outillage équipent en ce moment pour leur nouveau et pacifique labeur.

Dès avril, les châssis de la paix sortiront de ces ateliers qui, il y a quelques semaines, travaillaient pour l'œuvre destructive de la guerre. Dans ces usines -dont l'activité magnifique était connue sur le front- le travail a été organisé selon les méthodes les plus scientifiques et les plus économiques: concentration des efforts, mise en œuvre rationnelle de tous les moyens de production; division du travail, spécialisation des tâches; disposition de l'outillage et cheminement des pièces, tout a été conçu pour qu'il n'y ait ni perte de temps ni gaspillage de matière; le montage, notamment, est à tel point perfectionné, dans sa précision et sa rapidité, qu'il surprendrait les Américains eux-mêmes.


Grâce à cette organisation scientifique, la production atteindra, dès avril, 100 véhicules par jour, chiffre inconnu en France jusqu'alors, et que les usines pourront sans difficulté doubler, si les besoins des demandes l'exigent. Et ils l'exigeront, croyez-moi, car voici ce qui est offert aux besoins et aux services du public: une voiture d'un prix dérisoire -si on le compare à ceux du café ou du beurre ou d'un complet veston- un prix qui va de 7.250 francs à 9.000 francs, selon la carrosserie, choisie, dont les modèles vont du torpédo à trois ou quatre places, de l'auto à conduite intérieure, au coupé de ville et à la camionnette, tous pourvus d'un démarreur automatique et combinés pour être conduits sans aléa ni difficultés par une femme ou un adolescent.

Est-ce tout? Mais non, car ces voitures déjà populaires -on en parlait depuis longtemps déjà- et bientôt universellement fameuses, seront livrées avec tous leurs accessoires, dont une roue de rechange et l'éclairage électrique.

J'ajoute enfin qu'une organisation commerciale révolutionnaire fera que dans trois ou quatre mois le propriétaire d'une Citroën trouvera dans chaque arrondissement de France et à l'étranger des représentants avertis, des agences munies de tout le nécessaire pour l'entretien et la réparation de leur automobile; entretien et réparation aisés, puisque toutes les pièces sont interchangeables. Les premiers inscrits, 143, quai de Javel, aux usines Citroën, seront les premiers servis. Prenez vos numéros!


Source : http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2019/01/24/26010-20190124ARTFIG00248-25-janvier-1919-l-usine-d-obus-d-andre-citroen-devient-une-usine-automobile.php

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